Le Coordonateur de la Faculté des Sciences Humaines, le Professeur Josué Vaval, invite la Population, les gouvernants, les hommes politiques et les agents de la fonction publique à lire le dernier ouvrage du Professeur, Paul Eronce Villard.

À propos de la lecture du livre de Paul Eronce Villard : Haïti et le spectre de la corruption : esquisse d’une moralisation de la vie publique.

C’est une réflexion qui contient dans l’ensemble, des éléments qui mettent à jour la problématique séculaire de la corruption au cours de l’évolution de la société haïtienne. C’est un phénomène à la fois historique et contemporain qui met en danger la bonne marche du pays par le développement du
favoritisme, du népotisme et d’autres formes déterminées par la loi, dont entre autres, le délit d’initié, la surfacturation et le détournement de fonds. Le livre traite la corruption à l’instar d’une épée enrobée
d’un venin mortel enfoncée dans les entrailles du peuple haïtien qui saigne et pue pendant plus de deux cent ans d’histoire, et se trouvant au 21e siècle dans un état de délabrement. Le sang coule, c’est ainsi
que les carnivores s’en raffolent, puis les vautours attendent avec impatience la déconfiture du cadavre pour entamer leur ballet. Heureusement, l’auteur y met une note d’espoir en croyant dans la force et le
pouvoir de la justice quand elle sera appuyée par la politique.


La relation entre la corruption et la vie politique a fait l’objet d’une analyse minutieuse chez l’auteur et traduit dans le cheminement des explications, un mal qui ronge notre société et qui pourrit la vie publique par ses conséquences désastreuses en termes concrètes sur le fonctionnement des institutions étatiques, entrainant du coup l’obstruction de la moralisation de la vie publique et de l’élévation de l’honneur du fonctionnaire. La lutte contre la corruption doit être une bataille sans merci. Le combat
contre la corruption doit être une lutte globale, encadrée par la loi et des décisions politiques adéquates. L’intégrité des dirigeants est une condition nécessaire dans la construction d’une société qui
vise à faire de la lutte contre les corrompus, un credo salutaire. C’est un devoir de citoyens, la lutte contre la corruption. La corruption est un mal qui enclenche une cascade de conséquences et qui influe
de manière négative sur la société par des effets multiplicateurs qui engendrent de manière non exhaustive, la dilapidation des fonds publics, l’enrichissement illicite, le contrôle des institutions sous la
coupe des dirigeants.

Le livre du professeur Villard présente une description et une analyse qui valent la
peine d’être lues par des haïtiens qui cherchent des perspectives de luttes contre la corruption.


La corruption politico-administrative qui met en relief le public et le privé est une menace pour la bonne marche des institutions étatiques, notamment dans le cadre des passations de marchés et de l’octroi de contrats de service public en Haïti. La corruption est un véritable enjeu pour le fonctionnement de la société et son combat est consubstantiel à la lutte pour la construction de la société haïtienne qui doit
se relever dans le cadre de la promotion de la justice et de l’éthique comme boussole de l’appareil politique. Il nous semble, que la corruption a gagné en ampleur et se généralise au fur et à mesure que
cette tendance tend à marquer les institutions étatique et déterminent les comportements des dirigeants qui se laissent aller. Or, il y a une contradiction entre la bonne marche de la République et la corruption. Laquelle contradiction doit s’exprimer de manière flagrante dans la conduite des affaires de
l’Etat. Des actes de corruptions sapent les bases pour l’établissement d’une société fondée sur des valeurs de justice tout en tenant compte des réalités culturelles et sociales. Vaincre la corruption en
dehors d’une politique publique à la taille des enjeux selon le livre, n’est pas possible sans une implication ramenée dans le cadre de l’esquisse d’une politique publique qui rompt avec les vieilles pratiques qui placent les corrompus au cœur de notre vie publique. Il s’ensuit de ce point de vue, à considérer la perspective de l’auteur, que les gens qui font de la politique doivent se comporter de
manière irréprochables quand il s’agit de la gestion des affaires de la République, c’est-à-dire une conduite qui requière un désintérêt personnel au profit de l’intérêt de la collectivité. La transparence dans la vie publique doit être une réalité en Haïti et l’on doit s’y conformer pour arriver à
l’établissement d’une société nouvelle qui met les principes au centre.


Il faut prendre des mesures intégrées et systémiques qui doivent annoncer une nouvelle lueur dans la lutte contre la corruption en Haïti. Ainsi de suite, malgré la robustesse de n’importe quel système de
justice, il faut de l’engagement politique et social pour mener une lutte contre la corruption dans l’espoir de la juguler. Il nous faut, un combat qui ramasse les préoccupations sociétales tout en mettant
l’accent sur des zones de fragilités typiques de la précarité des fonctionnaires qui, dans beaucoup de situations ne reçoivent pas un salaire qui puisse leur donner la capacité de répondre a leurs besoins et à ceux de leurs dépendants. La corruption attire comme des chants de sirène, il faut la combattre avec un système politique de taille. Une politique publique à la rescousse des fonctionnaires demeurent pertinente, car elle peut minimiser les risques, selon l’avis de l’auteur.
La justice seule, n’est pas capable de donner des résultats si elle n’est pas intercalée dans un champ politique qui fait d’elle, l’éclaireuse du sentier, nous indique le livre. Une bataille contre la corruption est complexe et nécessite un mécanisme global qui implique la société dans son ensemble et, dans une sorte d’élan de construction nationale, sous les projecteurs de la loi, en relation constante avec la réalité de telle sorte que la bataille prenne une autre allure. La description et l’analyse des institutions qui d’une manière pu d’une autres doivent lutter contre la corruption en Haïti, est impeccablement
introduite par l’auteur dans des lignes qui rappellent entre autres, la fonction et le travail que doit faire des institutions comme l’ULCC, le CNMP ou la CSCCA. Sauf des questions d’actualités comme le rôle de
la presse et la question de la corruption ne sont pas abordées dans le travail. Les journalistes sont des vecteurs qui travaillent pour la lutte contre la corruption en Haïti, et en même temps ils sont à risque
d’être la cible de la machine qui engrange la corruption.

Pour nous conduire sur la route de sa réflexion, l’auteur trace des lignes de son analyse à travers moult considérations sur Haïti et la corruption d’un point de vue historique, dont le procès de la Consolidation
constitue un exemple louable, mais non suivi dans la bataille contre ce fléau en Haïti. La corruption vu son statut et sa néfaste notoriété, se voit attribuer une lettre de noblesse qui fait du corrupteur, celui
que l’on considère non sans duperie comme quelqu’un qui réussit. C’est-à-dire, il sait comment manipuler les ressources de l’Etat pour avoir accès à une meilleure condition de vie (du point de vue personnel) tout en écartant des principes de la République qui consistent à prioriser le collectif, à rendre
justice, à rendre des comptes et à faire de l’Etat un haut lieu de décision qui va dans le sens des intérêts de la société. Cette manière de s’approprier des biens de l’Etat est manifestement visible dans les
institutions ; la connaissance de l’auteur de l’administration publique haïtienne, constitue dans le livre un outil qui nous conduit dans les méandres de l’exercice et des attributs du fonctionnaire tels qu’ils sont fixés par les lois de la République. La mention de l’article 234 de la Constitution en vigueur est
évocatrice à plusieurs égards, quand il s’agit de préciser la mission régalienne. L’article trace les contours de la mise en application de la mission de l’Etat à travers l’administration publique comme l’incarnation de la collectivité dans un souci de gestion saine et efficace. Et l’auteur de démontrer avec
parcimonie que les dispositions, les lois et les bonnes pratiques pour mettre hors-jeu la corruption ne manquent pas dans la législation haïtienne. Ce rappel fait savoir que nous avons des lois et des règles en la matière, sauf nous ne sommes pas prêts à les appliquer dans une perspective qui renverse l’état des choses. Mais qui pour les appliquer ? Ceux aux timons des affaires ont une responsabilité pour les mettre en évidence. Ceux sur qui, s’exerce le pouvoir, ont l’obligation de questionner les dirigeants, de faire de bons choix au cours des élections afin de tracer le chemin qui puisse nous conduire vers le grand renversement. Il ne s’agit pas d’une question de lois ou de garde-fou, mais d’une question relative à l’entretien des mauvaises pratiques, qui sont devenues pérennes et qui constituent le fer de lance de l’arsenal de la corruption.

En réalité ce qui fascine dans l’exercice de la corruption érigé en modèle en Haïti, rime avec l’argent facile, le non-respect des lois, le népotisme et l’astuce. Le livre s’inscrit dans la ligne d’une publication citoyenne qui fait de l’éveil social, un élément structurant la lutte contre la corruption. Il appert selon cette perspective de Villard que le problème de la corruption ne peut être appréhendé en dehors d’une prise en compte des valeurs de l’éthique, considérée dans un sens qui promeut un dépassement des mentalités actuelles qui nous conduisent tout droit vers le précipice. La promotion de valeurs qui visent le culte de la confiance, le combat contre les tares conduit vers la mise au point d’un pacte de vérité, qui débouchera au final sur un vivre ensemble issu de déclaration d’amour patriotique, véridique, le tout dans un décor de régénérescence qui fera du peuple haïtien une société consolidée. La bataille contre la corruption est considérée dans l’esprit du livre comme une batille éthique et véridique.


Il faut de véritables débats relatifs à la corruption au niveau de la société et comme dit, l’auteur le Ministère de l’éducation nationale doit encourager une formation chez l’écolier qui vise à faire la promotion de la lutte contre la corruption et la connaissance des institutions de lutte contre ce
phénomène.

Il s’agit d’un travail qui souffle un brin d’espoir pour les générations futures et qui se propose de donner un coup de pied dans la fourmilière, par l’engagement qui consiste à soulever tout un pan de notre manière de conduire les affaires de l’Etat dans les hautes sphères de l’administration, comme des
comportements avec lesquels qu’il faut rompre.

« Je recommande la lecture du livre chez le public haïtien de tout acabit. »

Écrit par : Josué Vaval,
Professeur à L’UEH

Publié par AlterNewsOnline

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